Jour 3 : GWALIOR
Promenade matinale dans les jardins de l’hôtel. L’endroit est superbe. Disséminés dans une grande propriété on trouve des temples des XVIIe et XVIIIe siècles, deux splendides cénotaphes et un pavillon avec des portes cintrées qui constitue le cœur de l’hôtel. On a l’impression d’être dans une oasis de verdure loin du bruit de la ville, même si le muezzin nous a tirés du sommeil à 5h du matin. Il y a de nombreux oiseaux dans le jardin : paons, martins, perruches, drongos et des tamias qui bondissent de tous les côtés. C’est vraiment agréable tous ces volatiles qui chantent et piaillent dans les arbres.
Notre chauffeur, qui se prénomme Ashok, nous récupère à 10h pour nous emmener au fort de Gwalior. Il s’engage dans un vieux quartier aux rues minuscules très embouteillées. La voiture passe à peine au milieu d’une foule colorée et bruyante qui se fraie un chemin au milieu des ordures et des vaches. Finalement la route est bloquée. Il faut faire demi-tour et trouver une autre entrée.
Le « fort » domine la ville, perché sur un plateau de près de 3 kms de long. Les premières constructions datent du Xe siècle et ont été poursuivies au cours des siècles suivants pour former un ensemble de palais et de temples. Plusieurs dynasties se succédèrent dont les Tomar (XIIIème siècle) et les Scindia (dans la seconde moitié du XVIIIe). Nous commençons la visite par le palais de Man Singh Tomar qui régna une trentaine d’années sur la région, au tournant du XVIe. L’édifice est impressionnant. Il fut érigé entre 1486 et 1516. Sa façade est décorée de carreaux de faïence de couleurs vives (bleu, jaune et vert) dont les frises sont recouvertes d’animaux : canards, éléphants, paons. C’est un édifice labyrinthique avec quatre niveaux dont deux en sous-sol qui ont été utilisés comme prisons par les Moghols. On accède facilement à de jolies cours intérieures sur lesquelles donnaient les chambres. L’accès au niveau supérieur est fermé. Les pièces sombres sont occupées par de minuscules chauve-souris. Il n’y a malheureusement aucune explication à l’intérieur. Le site est envahi de touristes indiens et de scolaires et nous sommes très sollicités pour faire selfies et photos.
Poursuite de la découverte du plateau. Le chemin croise divers édifices plus ou moins détruits et des bassins et offre par endroits de belles vues sur la ville en contrebas. Nous descendons ensuite aux pieds du fort en franchissant la magnifique Hathi Gate (porte de l’éléphant). Nous passons devant un minuscule temple hindou tout blanc avec une grille rouge, dédié à l’ermite Gwalipa. La légende dit qu’un prince Rajput du XIIIe siècle fut guéri de la lèpre par cet ermite. En remerciement, le prince aurait donné le nom du sage à la ville.
Le musée archéologique est installé dans le palais Gujari Mahal. Il contient quelques belles sculptures jains, pas toujours bien présentées, mais l’ensemble vaut le coup d’œil, en particulier tout ce qui est présenté à l’extérieur.
Remontée vers le palais, le long des impressionnantes murailles, et arrêt au niveau d’un petit sanctuaire creusé dans la roche et dédié à Vishnou (IXe), appelé le Mandir de Chaturbhuj. Nous retrouvons ensuite le chauffeur qui nous emmène jusqu’aux temples de Sasbahu (temples de la belle-mère et de la belle-fille). Ils ont été bâtis entre les IXe et XIe siècles et sont magnifiquement sculptés. Le plus grand, celui de la belle-mère, est dédié à Vishnou.
En redescendant la colline qui mène au plateau, nous nous arrêtons devant un ensemble de sculptures jaïns monumentales. Les personnages taillés dans la paroi rocheuse entre le VIIe et le XVe siècles représentent les tirthankara (maîtres Jaïns). Plusieurs statues ont été décapitées par les musulmans en 1527, mais certaines ont été restaurées.
Nous finissons la journée par la visite du palais de Jai Vilas et du musée attenant (entrée environ 8 euros, on paye aussi pour pouvoir utiliser le téléphone). Le palais date de 1874. C’est la résidence des maharajas de Scindia. Il est encore partiellement habité. Les hommes de la famille portent une curieuse coiffe fabriquée avec des dizaines de mètres de tissu. C’est une sorte de turban désaxé avec une corne sur le côté. Diverses pièces sont consacrées aux anciens maharajas, mais on visite également de nombreuses pièces du palais, toutes meublées et décorées. L’ensemble est très chargé et pas toujours très harmonieux (du moins à mon goût) mais c’est intéressant. On y trouve des lustres monstrueux (on parle de 3,5 tonnes pièce), des tapis avec des serpents ou des têtes de personnages célèbres (Jésus, Napoléon, Louis XIV…), des meubles anglais et français du XVIIIe, un petit train en argent et cristal qui circulait sur des tables et permettait de servir alcools et cigares aux invités du maharaja, de nombreux palanquins, des équipements pour éléphants, des tigres empaillés, des costumes, etc. C’est un joyeux bric-à-brac d’objets hétéroclites dont certains sont très beaux. A l’arrivée la visite est tout à fait sympathique.
Nous regagnons l’hôtel vers 18h pour le thé, servi dans le jardin avec beignets de légumes et biscuits. Nous prenons également le repas du soir à l’hôtel. Excellent poulet tandoori pour moi (pas trop épicé). Patrice tente un dessert avec des boules molles trempant dans un liquide sucré. L’aspect est curieux mais il a l’air d’apprécier. Très bonne soirée.
Nuit à l’hôtel Deo Bagh, Gwalior


















































