Jour 9 : MONT BROMO – BALURAN

Lever effectivement à 3 heures. Une sonnerie automatique retentit dans toutes les chambres de l’hôtel. On a presque l’impression d’être à l’armée. Nous nous habillons avec des vêtements chauds car il fait vraiment frisquet, enfilons chaussettes et chaussures de marche et gagnons le restaurant où une tasse de thé bien chaud nous attend. Nous récupérons ensuite notre jeune guide qui est désormais affublé de deux surnoms en fonction des occasions : deux-de-tension ou boulet-premier. Embarquement dans une jeep et nous voila partis au milieu d’une noria de véhicules 4X4 qui se suivent à la queue leu-leu car tous les touristes présents dans l’hôtel vont admirer le lever de soleil sur le volcan Bromo ! Nous nous installons sur le sommet du Penanjakan le point culminant de la caldeira à 2770 mètres d’altitude, et nous attendons le lever du soleil. Nous patientons une bonne heure, mais le spectacle en vaut vraiment la chandelle.

 

Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
De notre point d’observation, le regard embrase tout le massif du Tengger qui est peu à peu léché par le soleil levant. C’est réellement somptueux ! Au milieu d’une mer de sable gris perchée à 2200 m d’altitude et entourée de hautes falaises rocheuses qui forment les bords d’une très ancienne caldeira (on imagine la taille du volcan initial !) se dressent le Bromo (2329 m) au cône large et fumant et le Batok dont le cône plus étroit est strié de ravines régulières. A l’arrière, le mont Semeru (3676 m) crache toutes les demi-heures un épais nuage de fumée. Lorsque le regard franchit les limites de la caldeira, il tombe sur une mer de nuages cotonneux éclairés par les premiers rayons du soleil.
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo

Le volcan Bromo et son panache de fumée et au premier plan le Batok

Caldeira du Bromo

Le Semeru qui relâche de la fumée avec la précision d’un métronome

Caldeira du Bromo
Difficile de s’arracher au paysage mais il faut partir et retrouver le 4X4 et le chauffeur qui nous ont accompagné jusqu’ici. Nous cherchons un moment car boulet-premier n’a pas relevé la plaque d’immatriculation (heureusement que Patrice se rappelle des premiers numéros !).

Nous descendons en 4X4 jusqu’à la caldeira et nous en traversons une partie avant de monter sur de petits chevaux guidés par des Tengger, les membres d’une communauté indonésienne qui vivent sur les flancs de la chaîne volcanique. Contrairement aux javanais, ils ne sont pas musulmans mais ont une religion qui mélange animisme et hindouisme. Nous voilà donc chacun sur un cheval tenu à la longe par un Tengger au visage recouvert d’un foulard pour se protéger de la poussière, qui trottine à côté du cheval !  J’essaie tant bien que mal de protéger mon appareil photo de la fine poussière de volcan qui nous recouvre et nous rentre dans les narines. Nous descendons de nos montures aux pieds du Bromo et finissons l’ascension à pieds par un escalier de 250 marches. Le souffle nous manque un peu à cause de l’altitude mais d’en haut la vue est magnifique, aussi bien sur le cratère fumant que sur la caldeira. Au sommet, d’autres représentants du peuple Tengger vendent des bouquets de fleurs séchées destinés à être envoyés dans le cratère pour servir d’offrande aux dieux du volcan.

Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
Caldeira du Bromo
cratère du Bromo
cratère du Bromo
cratère du Bromo
caldeira du Bromo
caldeira du Bromo
route de Baluran
Nous redescendons à pieds dans le sable volcanique jusqu’à la jeep où nous retrouvons deux-de-tension qui s’est dispensé de la grimpette. Retour à l’hôtel pour se changer et prendre un petit déjeuner qui est vraiment le bienvenu.

A 9h30 nous prenons la route avec chauffeur et guide. Nous n’arriverons au Rosa’s ecolodge à côté du parc national de Baluran que vers 17 heures avec un ras-le-bol de la voiture, même si nous avons fait entre temps quelques arrêts intéressants. Le premier est la visite d’une fabrique de tofu: les graines de soja sont écrasées dans un broyeur pour faire une pâte qui est d’abord diluée dans l’eau avant d’être versée dans de gros chaudrons. L’ensemble cuit et bout visiblement assez longtemps puis le surnageant est récupéré, égoutté, mis en forme sur des claies avant d’être découpé en carrés qui prennent le nom de tofu. L’état d’hygiène global de la petite fabrique ne donne pas vraiment envie de consommer le produit fini !

Du mont Bromo à Baluran
fabrique de tofu

Des graines de soja …

fabrique de tofu

… aux cubes de tofu

fabrique de tofu
fabrique de tofu
A l’heure du repas nous nous arrêtons au bord de l’eau pour manger un morceau. C’est une gargote connue du chauffeur où nous nous régalons avec du crabe (pour Hélène et moi), du poisson (pour Patrice) et des crevettes (pour Laurent) pour une somme ridicule (environ 2 euros le gros crabe). Nous en profitons pour mettre les pieds dans l’eau (qui est très bonne) et admirer les bateaux de pêche particulièrement décorés.
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
Dernier arrêt dans un joli village de pêcheurs. Les bateaux sont ici destinés à la pêche de plus gros poissons (thons en particulier). Les couleurs sont vives, de petits sièges en bois sont installés au sommet des mâts pour les vigies, drapeaux et peintures des dieux hindouistes protègent les pêcheurs. 
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java

Sur chaque bateau le siège de la vigie a un décor différent

côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
côte nord - est de Java
Rosa Ecolodge Baluran

Arrivée au Rosa’s ecolodge. Nous sommes crevés car la route d’aujourd’hui était un vrai tape-cul. Après notre installation dans de jolis bungalows traditionnels en osier tressé (mais avec tout le confort), le responsable de l’hôtel nous annonce que notre jeep avec un chauffeur et un guide du lodge nous attend pour partir. Surprise car nous pensions faire la balade dans le parc de Baluran au petit matin !! Juste le temps de prendre une petite laine et nous voila partis.

Il fait nuit noire quand nous nous installons sur le toit de la jeep avec le guide qui cherche des animaux avec un puissant projecteur. Nous ne voyons que quelques biches mais le ciel étoilé est de toute beauté et la balade très agréable. Nous nous arrêtons au bord de la mer pour manger. Le pique nique est franchement sympathique : nous dégustons des beignets salés pendant que le poisson grille sur la plage puis cake, banane et café. Nous sommes seuls, en pleine nature avec juste une petite lumière et le bruit des vagues… super. Nous sommes rejoints par l’un des rangers du parc qui nous donne quelques explications sur l’absence d’animaux, principalement liée aux feux de forêt. Certains sont spontanés à cause de la chaleur (nous en avons vu sur la route) mais la plupart sont criminels car les villageois ne veulent pas de cette zone « protégée » pour les animaux et ne comprennent pas pourquoi ils n’ont pas le droit de la cultiver. Le ranger déplore également beaucoup de braconnage et même des empoisonnements de points d’eau destinés aux animaux ! Sur le chemin du retour nous croisons quelques biches, un buffle, des oiseaux et rongeurs. Une fois sortis du parc, nous avons bien du mal à garder les yeux ouverts. Retour vers 11 heures du soir… épuisés par cette journée de 20 heures !

Nuit au Rosa’s Ecolodge

 

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